21.02.08 : La Chine, élève des Français dans le nucléaire, aspire à devenir le maître

Un dirigeant aimable et francophile, s’adressant à Pierre Gadonneix, le PDG d’EDF, explique que leur collaboration de 25 ans sur les centrales de Daya Bay et Ling Ao, situées près de Canton, fait désormais place à une coopération stratégique. Ce leader d’entreprise envisage son organisation parmi les meilleurs exploitants de centrales nucléaires, aux côtés d’EDF et de Tepco, le conglomérat japonais.

L’avance technologique française

EDF conserve l’avantage avec l’EPR déjà en construction en Finlande et en France. L’entreprise a soutenu CGNPC dans l’édification des quatre réacteurs de Daya Bay et Ling Ao, mais a franchi une nouvelle étape en investissant 600 millions d’euros, représentant environ 30 % du capital dans une joint-venture avec CGNPC. Cette co-entreprise va construire et opérer deux EPR, vendus par Areva, sur le site de Taishan, à proximité de Macao.

Bien qu’EDF soit un partenaire de longue date, il a dû prouver à CGNPC qu’il ne se contenterait pas d’être un investisseur passif, repoussant l’offre initiale de 15 % de participation. M. Gadonneix exigeait un droit de veto sur des décisions critiques comme la sécurité des installations et le calendrier des travaux. Grâce à cet accord, EDF et CGNPC envisagent de proposer davantage d’EPR en Chine et dans toute l’Asie du Sud-Est.

La supériorité technologique française n’est pas immuable. CGNPC a acquis des compétences solides en ingénierie et peut, désormais, reproduire les centrales de deuxième génération fournies par la France dans les années 1980 après un processus de « sinisation ». C’est un processus normal, car EDF et Framatome avaient préalablement obtenu la licence du réacteur à eau pressurisée Westinghouse avant de l’adapter aux normes françaises.

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L’avenir du nucléaire en Chine

Hervé Machenaud, directeur de la branche Asie-Pacifique d’EDF, souligne que Daya Bay a été livré « clés en main » et que Ling Ao 1 est déjà à 30 % de contribution chinoise, tandis que Ling Ao 2 atteindra 70 %. Selon lui, une fois terminée la construction des deux premiers EPR, les Chinois auront les capacités nécessaires pour construire de telles installations. Avec le soutien technique d’EDF, la Chine prévoit de propulser l’EPR comme un modèle à exporter en Asie du Sud-Est, avec des projets déjà en cours au Vietnam et un intérêt potentiel de la Thaïlande.

Les ingénieurs chinois montrent une performance équivalente à leurs homologues français qui les ont formés, certaines fois surpassant ces derniers. Dans le cas de Ling Ao 2, les délais de construction des nouveaux réacteurs sont respectés, à l’exception des retards d’Areva dans la fabrication de la cuve du premier réacteur, un point de préoccupation émis par Zheng Dongshan, le dirigeant de la filiale ingénierie de CGNPC.

CGNPC expose son intention de construire des centrales entièrement chinoises. Cela fait partie d’un gala ambitieux pour le programme électronucléaire, qui a récemment changé de mantra : le développement doit désormais être accéléré plutôt que simplement approprié. En 2020, la Chine aspire à atteindre une capacité installée de 40 000 mégawatts (MW), représentant une augmentation significative par rapport à 2007, bien qu’elle ne représente encore que 4 % de l’électricité nationale.

Un marché de la technologie nucléaire en mutation

Quian Zhimin, PDG de CGNPC, insiste sur le fait que la technologie sera acquise grâce à l’ouverture du marché, à l’importation d’avancées technologiques étrangères, suivie d’une harmonisation et d’une innovation pour devenir autonome dans la conception. Ce partenaire, avec EDF et Areva, aspire à être à la pointe de la technologie dans les 15 prochaines années.

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La Chine ne tolère plus la dépendance envers les technologies étrangères, et le partage devient une exigence pour les industriels étrangers. Avant 2004, les autorités prônaient un développement « approprié ». Aujourd’hui, leur accent est mis sur une transformation rapide, avec des investissements significatifs dans le nucléaire, conjugués à une volonté de se positionner parmi les leaders mondiaux dans ce domaine.

Luc Oursel, président d’Areva NP, souligne que la part de l’énergie nucléaire en Chine ne peut rester faible à long terme. La nation a l’intention de construire autant de centrales nucléaires que les capacités annuelles de la France, principalement grâce à des centrales de charbon. Le pays vise une participation proportionnelle à la moyenne mondiale de 17 % d’électricité produite par le nucléaire, un objectif ambitieux qui pourrait aboutir à 250 réacteurs d’ici quelques décennies.

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