05.04.2008 : La police chinoise a ouvert le feu lors d’une émeute tibétaine

Des émeutes éclatent dans le Sichuan

Jeudi soir, une série de manifestations a éclaté dans une région densément peuplée de Tibétains dans la province du Sichuan, selon un rapport de l’agence Chine Nouvelle daté de vendredi 4 avril. Lors de ces incidents, un représentant des autorités a subi des blessures graves.

L’agence précise que les troubles ont eu lieu devant le siège du gouvernement de l’agglomération de Donggu, où le responsable a été attaqué. Cette agglomération est située dans la préfecture de Ganzi (également connue sous le nom de Garze), au centre-sud de la Chine, et avait déjà connu des tensions similaires à la mi-mars, à la suite des émeutes survenues le 14 mars à Lhassa.

En réponse à la situation, la police a été contrainte de tirer des balles de sommation pour tenter de contrôler la violence, comme l’a déclaré un porte-parole du gouvernement de la préfecture. Aucune information claire n’a été fournie sur l’origine des troubles récents.

La répression se renforce

Les préfectures de Ganzi et Aba dans le Sichuan font face depuis plusieurs semaines à des affrontements répétés entre les manifestants tibétains et les forces de sécurité. L’agence Chine Nouvelle a rapporté le décès d’un policier à Ganzi à la fin de mars. Plus tôt, le 16 mars, des manifestations avaient eu lieu à Aba, réunissant des moines bouddhistes et des résidents réclamant l’indépendance du Tibet, occupé par la Chine depuis presque soixante ans.

Le responsable de la sécurité au Tibet, Baima Chilin, a exigé des magistrats locaux qu’ils adoptent une position ferme vis-à-vis des instigateurs de troubles, comme le rapporte le quotidien Tibet Daily. Il leur a enjoint d’utiliser les lois à leur disposition pour pénaliser les actes criminels et protéger la population tout en maintenant la stabilité dans la région.

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Cette déclaration montre la détermination des autorités à ne pas laisser s’installer l’insécurité et à faire face avec rigueur à tout désordre, en affirmant en parallèle leur autorité face à la résistance.

Les tensions montent et la réaction internationale

Un site officiel tibétain, www.chinatibetnews.com, a rapporté que plus de 800 personnes associées aux troubles de Lhassa ont été interpellées, tandis que 280 se seraient rendues. Ces événements au Tibet suscitent des préoccupations majeures au sein des puissances occidentales, qui appellent à un dialogue avec le dalaï-lama et évaluent même un potentiel boycott de la cérémonie d’ouverture des JEUX OLYMPIQUES.

La Haut commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, Louise Arbour, a engagé des discussions avec des fonctionnaires chinois concernant la situation au Tibet, incluant l’accès à la région. Son porte-parole a souligné que sans accès, il est extrêmement difficile de comprendre ce qui s’est passé ou d’anticiper l’avenir.

Du côté des autorités chinoises, la couverture médiatique occidentale des événements est rejetée, arguant que les reportages tendent à dépeindre les émeutes comme des manifestations pacifiques. En réponse, un site chinois, Sina.com, a lancé une pétition pour dénoncer les articles de la presse occidentale sur le Tibet, rassemblant un million de signatures.

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